Fabien Tourneux, entrepreneur alésien du composite

Fabien Tourneux est dirigeant de l’entreprise Re-Flexion Composites, installée à Alès dans le Gard, spécialisée dans la conception et la fabrication en série de pièces en composite. Il nous avait reçu au début du mois de mai pour nous parler de son activité qui l’amène à travailler autant avec des porteurs de projets et des start-up qu’avec des grands groupes internationaux.

Un parcours atypique mais cohérent

Quand on arrive dans l’entreprise de Fabien Tourneux, on comprend tout de suite qu’il aime créer, concevoir, développer. Le contact physique avec la matière. Selon vers où l’on se tourne, on est dans un hangar de stockage, dans un atelier de mécanique ou dans un laboratoire de physique. Les produits finis réalisés en série, soigneusement disposés dans des caisses de bois, y côtoient des rangées de moules métalliques gigantesques hérissés de boulons et de vis.

Plus loin, au fond de l’atelier, contre la paroi, une rangée de congélateurs rappelle que l’on travaille ici avant tout à partir de produits sensibles. Les matériaux composites doivent y être conservés pour pouvoir ensuite libérer après passage au four leur potentiel phénoménal de résistance et/ou de flexibilité.

Avant de créer Re-Flexion Composites Fabien Tourneux a travaillé dans une entreprise en tant que salarié. C’est là qu’il a connu les propriétés du matériau composite : sorti de Centrale Lyon, sa formation d’ingénieur plutôt généraliste ne l’avait pas permis de se spécialiser autant. Elle lui avait par contre donné les moyens de se spécialiser tout seul ensuite.

Quand l’activité de l’entreprise a brusquement cessé, Fabien Tourneux est resté en contact avec la clientèle qu’il y avait développée. Il s’est alors mis à son compte pour répondre à ses besoins. Presque naturellement.

Depuis Alès jusqu’aux podiums des Jeux Paralympiques

Quand on l’interroge sur sa plus grande fierté en tant qu’entrepreneur, Fabien ne parle ni de chiffre d’affaires ni de référence client prestigieuse. Il cite une aventure dans laquelle il est intervenu en tant que bénévole, celle qui l’a amené à travailler aux côtés de l’athlète Dominique André pour mettre au point une prothèse qui a sans nul doute contribué à sa place sur le podium du 4 x 100 mètres aux Jeux Paralympiques d’Athènes, en 2004. Rien que ça.

Pour autant, Fabien Tourneux travaille aussi régulièrement avec des grands groupes. « Ce qui les intéresse, confie-t-il, c’est d’avoir la réactivité d’une petite structure. » Parmi ses références on trouve ainsi Décathlon, Smart, Goupil Industries, Snooc, Iguana Yachts, et bien d’autres. Il développe avec eux des suspensions pour véhicules, des pièces de précisions, des ressorts. Il leur apporte des solutions personnalisées gagnantes quand ils ont fait le tour de leurs prestataires historiques et que ceux-ci ont fait chou blanc.

Et puis, quand il a le temps, Fabien Tourneux développe des projets plus personnels. Quand il en parle il a les yeux qui brillent, et ils ne s’éteignent qu’à moitié quand il confesse qu’il n’a pas souvent le temps. Parce que cela signifie qu’il croule sous le travail, et c’est plutôt bon signe.

Le composite, un matériau jeune

Il faut dire que son outil de travail, le matériau composite, a des applications très variées : Re-Flexion Composites conçoit, produit et commercialise des suspensions automobiles, des prothèses tibiales, des ressorts pour l’industrie et les sports et loisirs.

Malgré le large éventail de ses applications le matériau est plutôt jeune : on a découvert la plupart de son potentiel il y a seulement trente ans. Pour en parler, Fabien Tourneux prend l’exemple du béton armé : pour s’en servir lors de constructions on prend une structure métallique que l’on combine avec un liant, le béton. Dans le cas du matériau composite la structure est composé de fibres (carbone, verre, kevlar) et le liant de résines : polyuréthane, époxy, etc. La combinaison des deux permet de réaliser un matériau qui répond spécifiquement aux besoins de ses clients en termes de solidité et de flexibilité.

Autre point fort, et non des moindres, du matériau composite : à propriété physique identique il est plus léger que ses concurrents. Un carbone est ainsi sept fois plus léger qu’un acier.

Intéressante caractéristique, qui pourrait aussi bien s’appliquer à l’entreprise de Fabien Tourneux : être léger pour s’adapter, réagir, aller plus vite et plus loin. « On est trois personnes, ce qui nous permet de répondre à la demande, et on verra bien ce que l’avenir nous dira« , conclut Fabien Tourneux dans un sourire. Depuis l’actualité de Re-Flexion Composites, l’avenir paraît déjà fort volubile.

L’interview vidéo

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